Entre piments et coton

Une parenthèse dans le temps à Ban Simonkoun au Nord du Laos

En ce mardi matin tôt, nous partons vers une aventure de 2 jours au coeur d’un village dans le Nord du Laos,  loin de la ville et de la modernité. Yannick a réservé un bungalow chez Joël, notre hôte, suite à la lecture d’un article, plein d’authenticité, du  blog, « le Mieux du Monde ». Direction Ban Simonkoun au Nord du Laos

Départ de la Luang Prabang
Nous avons pris le bus depuis la « Gare du Nord » de Luang Prabang (North Station) sans savoir à quoi il ressemblerait. La « grosse » gare de Luang Prabang n’est autre qu’un bâtiment composé de quelques bancs et d’échoppes en tout genre sur le parking ! Notre carrosse nous attend pour un départ à 9h00. Une fois les billets pris, nous montons à bord d’un van d’une vingtaine de places, bien plus confortable que les autres bus sur le départ. Après avoir vérifié une bonne dizaine de fois que nous étions dans le bon véhicule et que le chauffeur s’arrêterait bien à Ban Nmanga, nous nous installons et admirons le balai des sacs et autres bagages (bidons vides d’eau, bagages, fruits et légumes…) en partance montant d’un étage, sur le toit du van.
A notre grande surprise, le bus partira bien à 9h00, chose rare pour le pays. Le voyage se passera sans encombres, malgré quelques trous dans la route, à discuter avec d’autres backpackers en tour du monde.

L’arrivée à Ban Simonkoun : un voyage dans le temps
Nous sommes attendus à l’arrêt de bus (et de tuk-tuk et de taxis collectifs) de Ban Nmanga par Noy, la compagne de notre hôte. Nous changeons de moyen de transport : c’est parti pour un tour en bateau, le traditionnel très étroit et assez bas (celui qui donne l’impression qu’il va se renverser à chaque vague) afin de remonter la rivière gonflée par les pluies de la nuit. La route est quasi-impratiquable… C’est très agréable car cela permet de profiter d’un paysage encore sauvage. Après 30 minutes de navigation, nous arrivons au village de Ban Simonkoun. Une parenthèse dans le temps s’ouvre : il s’agit d’un village laotien loin de (presque) toute la modernité que nous connaissons. Certes il y a des téléphones portables et quelques antennes paraboliques, mais l’eau n’est pas courante (elle est puisée dans la rivière), les maisons sont « souples », les rues du village ne sont pas goudronnées et les habitants travaillent à l’ancienne dans les rizières et les champs à flan de montagne. L’électricité n’est arrivée au village qu’en 2004 !

La vie auprès des villageois

Grâce à Joël, nous allons rencontrer les villageois de Ban Simonkoun : Nuk et son sa station-service manuelle, sa femme et l’épicerie du village, des enfants heureux de vivre et tout un village solidaire (chacun sait où sont les enfants des autres) le long d’une rivière.
Les adultes y vivent au rythme du travail dans les rizières et les champs (plantation, récolte, préparation de la terre) et les enfants au rythme de l’école, rythme équivalent au notre par les horaires journaliers.
L’accueil fut mitigé, entre indifférence pour certains et curiosité pour d’autres. D’autant plus qu’une petite blonde en vadrouille ce n’est pas courant par chez eux ! Les enfants auront accepté Maëwenn, malgré la différence de culture et de langue. La vie parait vraiment plus simple pour les enfants !

Le jour du départ, nous avons visité la toute petite école (2 classes) regroupant la vingtaine d’enfants âgés de 3 à 9 ans. Rien à voir avec les écoles françaises : pas de jeux dans la cour (sauf un ballon de football), pas de bibliothèques ou de bureaux indépendants. La décoration est faite des dessins des enfants et de quelques posters indiquant les chiffres, les lettres et les tables de multiplications. Maëwenn est venue distribuer quelques bonbons et participer pour quelques instants à des chants et comptines récités par les élèves.

Visite des tribus environnantes
Pour une journée, Joël nous a emmenés vers les villages d’autres ethnies.
Après 1h30 de bateau, à remonter le Namga, nous arrivons dans un village Lao Leu. Cette ethnie est majoritaire au Laos. Elle vit principalement de l’agriculture, du coton et de la vente de leur artisanat. De même qu’à Ban Simonkoun, la modernité est présente à travers les antennes paraboliques, le camion et les quelques téléphones portables en possession des jeunes. Le peu d’électricité est apporté par les panneaux solaires ou les dynamo placées sur la rivière (quand les montages ne sont pas détruites par la montée brusques des eaux). Nous avons visité le temple du village, bien moins fastueux que ceux des grandes villes, et rencontré un moine, bien curieux de Maëwenn. A chaque coin de rue, nous avons vu coton et piments séchant au soleil. Près du temple, de petites galettes noires et blanches nous interpellent. Des champignons ? Du fromage ?  Non. Des pavés de riz compacts, séchant et pourrissant, près à devenir après distillerie, du Lao Lao, alcool de riz national, ressemblant à notre rhum, avec le goût du riz en plus.

Un peu plus loin, des femmes travaillent le coton. Tout en déjeunant en leur compagnie sous leurs yeux curieux de falangs (touristes) et d’une petite blonde, elles vont nous faire une démonstration de la vie du coton, depuis le travail de la fleur jusqu’au tissage. Même Maëwenn va pouvoir s’essayer à toutes les étapes et découvrir que le fuseau ne sert pas qu’à se transformer en Belle au Bois dormant. Cela fut très gentil de leur part de nous accueillir, d’autant plus que certains enfants avaient peur de nous et de Maëwenn.

Après ce temps de pause, en bonne compagnie, nous repartons pour le village Hmongs. Contrairement aux autres ethnies, ces derniers sont animistes : ils croient aux pouvoirs des anciens et des esprits. Ils vivent encore plus isolés et loin de toute modernité : le sol des maisons est en terre battus, les animaux vivent en total harmonie avec les villageois… L’annonce de notre arrivée ne sera pas longue à faire le tour du village. Les « anciens » nous attendent à la maison du doyen (plus de 100 ans selon les directe toujours aussi efficaces à tirer dans ses bangs) et les enfants se regroupent devant, curieux de Maëwenn. Beaucoup n’ont jamais vu la ville, de blancs ou de blondes. Nous sommes accueillis comme des amis avec fruits et à nous assoir avec eux. Seul « hic », le couteau fourni pour couper nos fruits s’avère aussi être un coupe-ongles. Glup… Côté enfants, après quelques bonbons et minutes d’observation, ils grimperont dans les arbres avec Maëwenn.

Après le passage de rizières non récoltées, nous nous dirigeons vers un village Khmus, des gens très serviables et dont les enfants sont tout aussi curieux que les autres. Après, là-encore quelques minutes d’observation, ils partageront le sol pour dessiner et un petit panier contenant quelques oiseaux !

Notre départ se fera en voiture car la route est praticable. Nous aurons un taxi collectif de suite, nous laissons un souvenir mémorable : nous avons partagé l’espace avec deux cochons vivants, ficelés et embarqués devant nos yeux ! La preuve en image :

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Nos trois jours chez Joël et Noy s’achèvent sur un goût de trop peu (si vous pouvez, restez au moins 5 jours ! Quant à nous, nous reviendrons sûrement !). Merci à Joël et Noy pour leur accueil et cette merveilleuse aventure.

Nous avons rencontré des gens, adultes comme enfants, plus malheureux que nous sur le papier mais beaucoup plus heureux que nous dans la réalité. Ils nous envient notre modernité, nos vêtements ou notre couleur de cheveux (par exemple). Nous leurs envions leur aptitude à la sérénité et à profiter de la vie, à toujours être et/ou paraître heureux. Ils auraient de quoi se plaindre ! Il n’en est rien. Nous sommes partis avec une question (philosophique pouvant être un sujet au baccalauréat) : Qui de nous est vraiment le plus heureux ?

Une dernière ligne pour exprimer toutes nos pensées à Noy et aux villageois, suite au décès de Joël (triste nouvelle que nous avons apprise par des internautes). Malgré cette triste nouvelle, nous vous recommandons de séjourner dans ce village : cela permet de relativiser notre vie.

Informations pratiques
Namnga Bungalows
Site Internet : namngabungalows.com
Tarif d’une nuit en bungalow : environ 10 €

Transport
Depuis la gare de bus Nord de Luang Prabang vers Oudomxay, arrêt Bannamgna.
Environ 2 heures. Départ à 9h et 11h.
Coût : entre 23 000 et 25 000 kips (env. 2,50 €). ATTENTION : le prix du billet est affiché jusqu’à Oudomxay. Et le guichetier tire le prix à son avantage : nous avons payé 50 000 kips/personne (nous le saurons pour la prochaine fois) !

7 réflexions au sujet de « Une parenthèse dans le temps à Ban Simonkoun au Nord du Laos »

  1. Je connais ce village pour y etre allee en avril 2012 et nous avons tellement adore que nous y sommes retournes 2 ans apres. C’est une experience unique puisque nous avons vecus parmi les laotiens, on se sent coupe du monde. C’est drole d avoir revu les enfants du village avec 2 ans de plus. Si vous voulez de l authenticite, allez y! Joel et Noy sont tout simplement adorables.

    1. Tu connais ? Génial ! C’est vrai que c’est une super expérience. Nous avons adoré et c’est toujours avec plaisir que nous en parlons et recommandons

  2. A quand la prochaine collection automne-hiver de Maïwenn Bernard? je commande un exemplaire dès à présent! 😉

    1. Allez-y ! C’est une super experience. Nous avons fair 2 nuits et sommes partis frustrés. Si vous pouvez,restez plus longtemps. Ça vaut le coup. En plus, nous avons été super bien accueillis par Joël et Noy. Et cette dernière cuisine super bien ! 😉

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