Horloge du mémorial - Hiroshima / Japon

Devoir de mémoire à Hiroshima… Plus jamais ça !

Nous sommes arrivés à Hiroshima sous la pluie du 19ème typhon de la saison : Vongfong. Cette ville est tristement célèbre pour le premier bombardement atomique le 06 août 1945 à 08h15. Elle fût entièrement rasée et beaucoup ne voyait plus grand chose pousser dans les environs. Nous ne savons pas si c’est la discipline japonaise ou la volonté des Japonais, mais cette ville a été reconstruite et offre une douceur de vivre, loin du souvenir pesant qui pourrait survivre.
Nous ne pouvions pas visiter cette ville sans savoir ce qui s’était passé et découvrir un devoir de mémoire transgénérationnel.

Le Musée d’Hiroshima pour la Paix

Construit en 1935, ce musée se compose de plusieurs bâtiments, chacun présentant un lien avec le bombardement atomique du 06 août 1945 : des témoignages et des objets de victimes, l’ère nucléaire et la volonté de pacifisme d’Hiroshima, et un parallèle entre l’histoire de la bombe atomique et la ville d’Hiroshima. Le musée étant en rénovation, seul le bâtiment principal exposant les objets et témoignages de victimes est ouvert.
L’exposition permanente présente des objets de victimes et des témoignages de survivants au bombardement (mais pas forcément aux radiations), ainsi que les dommages créés par l’explosion (en 3 temps : explosion, rayons de chaleur et radiations). Si le début de l’exposition explique le mécanisme de la bombe atomique (la bombe larguée par le explosa 600 mètres au-dessus du centre de la ville, détruisant et incendiant les bâtiments dans un rayon de 2 kilomètres), nous avons vite été rattrapé par l’émotion dégagée par les témoignages et les nombreux objets de victimes conservés. Au-délà de la destruction de la ville, la bombe fit des milliers de victimes sur le coup (certaines encore anonymes ou disparues), elle en fit autant voire plus dans les jours qui ont suivi parmi les blessés et les irradiés. On se rend compte alors de la force d’une telle bombe !
Un témoignage nous aura particulièrement bouleversés (peut-être par notre rôle de parent) : celui de Sadako. Cette petite fille avait 2 ans le jour du bombardement. Elle y survivra jusqu’à ce que, 10 ans plus tard, une leucémie l’emporte. Durant son hospitalisation, elle essaiera de plier 1 000 grues en papier (origami) sans y parvenir. Depuis, ces grues ou « cocottes » en papier sont devenus symboles de paix. Nous prendrons encore plus conscience de ce symbole lors de notre visite du Hiroshima Peace Park.

Le mémorial des victimes de la bombe atomique

Ce monument rend hommage aux victimes du bombardement atomique. Une sculpture en forme d’horloge marquant 08h15 est le centre du bâtiment à l’intérieur et à l’extérieur. A la fin de la visite, un film très émouvant raconte des témoignages d’enfants, illustrés par des dessins d’enfants.

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Le Memorial and Peace Park

Ce parc est un écrin de verdure dans la ville, presque un havre de paix. Nous sommes arrivés un matin étonné par le nombre d’enfants présents en raison des sorties scolaires.

Une statue en souvenir des écoliers mobilisés lors du conflit rappelle que cette guerre et le bombardement ont fait des victimes de tous les âges, parfois dites « collatérales ».

Le Dôme de la bombe A, bâtiment construit en 1915 et « preuve » de la bonne santé industrielle d’Hiroshima, se situait à 160 mètres de l’hypocentre de la bombe. Aujourd’hui, il ne reste que les murs (maintenus par quelques étais) et la structure arrondie du toit. Depuis 1996, il est enregistré sur la World Heritage List de L’UNESCO. Les Hibakusha, victimes ayant survécu aux radiations in utero ou pas, témoignent aujourd’hui sur la place face au Dôme.

De l’autre côté de la rivière Motoyasu, se situe un espace vert bien plus grand avec d’autres monuments pour la Paix :
– la Cloche de la Paix peut être sonné par les visiteurs, malgré sa grande fragilité. Elle fut inauguré en 1964 et présente des feuilles de lotus, feuilles utilisées par les irradiés et les blessés pour soulager leurs blessures.

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La Cloche pour la Paix

– Le Monument des Enfants pour la Paix est une tour de 9 mètres, surmontée d’une sculpture en bronze représentant une petite fille et d’une grue façon « origami ». De chaque côté, se situent une fille et un garçon pour qu’il n’y ait pas de discrimination. Le sommet est une représentation de Sadako et des grues en papier qu’elle créa. Nous avons assisté à une succession de classes d’enfants venant prier, chanter, réciter des poèmes devant ce monument et offrir de grues en papier, symbole de paix. L’émotion fut très forte pendant ces quelques minutes à les observer et à les écouter : nous avons senti les enfants très concernés et investis dans l’hommage. Un vrai projet pédagogique ! Dommage que quelques touristes « sans-gêne » soient passés sans ressentir l’émotion du lieu et sans respecter les enfants.
Nous avons tourné une vidéo (pas forcément très bien cadrée) pour essayer de vous faire partager un hommage. C’est par ici
Derrière le monument, de grandes armoires conservent les grues en papier apportées sous forme de guirlande, plateaux ou fleurs, le tout en origami.
Le fait d’avoir d’abord visiter le Musée puis le Parc, nous avons vraiment pris conscience de l’éducation pour la Paix que les enfants d’Hiroshima et du Japon reçoivent.

– Dans l’alignement du Dôme ou du Musée (selon d’où l’on vient) se trouve un bassin regroupant la Fontaine pour la Paix, la Flamme pour la Paix et le Cénotaphe pour les victimes de la Bombe A.
Le cénotaphe accueille la (trop) longue liste des noms des victimes de la bombe atomique, accompagnée d’une inscription : « Reposez-vous tranquillement, nous ne referons pas les erreurs du passé ».

Plus jamais ça !

Informations pratiques

Le Musée d’Hiroshima

Entrée : 50 yens/adulte. Gratuit pour Maëwenn.
Possibilité de prendre un audio-guide en français : 300 yens/audio-guide.
Horaires d’ouverture : 8h30 à 18h00 (17h00 de décembre à février)

Le Mémorial des Victimes de la bombe atomique

Accès gratuit

7 réflexions au sujet de « Devoir de mémoire à Hiroshima… Plus jamais ça ! »

  1. Votre article est très touchant, merci ! La visite d’Oradour sur Glane (dans le Limousin) m’avait fait une forte impression, je n’ose pas imaginer celle-ci…

    1. Merci ! C’est vrai que c’est très impressionnant. Tellement qu’il est difficile de parler pendant et après la visite. Ça fait réfléchir…

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