Rapa Nui : un paradis mystique

Après la Nouvelle-Zélande et Hawaii, nous voici au dernier sommet du triangle polynésien (au sens très large) : l’île de Pâques, alias Rapa Nui.

Oui, l’île de Pâques est en Polynésie et fut découverte 2 fois 
Bien qu’appartenant « politiquement » au Chili, l’île de Pâques fait partie de ces îles au milieu de nulle part (ou plus précisément de l’Océan Pacifique). Située à plus de 5 000 km des côtes les plus proches, elle fait bien partie de la Polynésie, tout comme la Nouvelle-Zélande, Hawaii et les îles voisines de la Polynésie française.
Rapa Nui fut découverte tout d’abord par les Polynésiens en 500 après Jésus Christ (début du Moyen Age en France). Les 7 éclaireurs à l’origine de la découverte sont honorés depuis par 7 moaïs sur le site de Ahu Akivi. Bien des années et des siècles plus tard, en l’an 1722, les Espagnols accostent un lundi de Pâques. D’où l’autre nom de l’île (pas très original).

Un confetti de paradis
En arrivant de Santiago, ce qui marque est la tranquillité voire la zénitude qui y règne. L’accueil se fait avec des colliers de fleurs ou de petits moaïs. Le décor est posé !

Dans l’unique ville de Hanga Roa, pas de gratte-ciel, de complexes hôteliers ou de centres commerciaux. La rue principale est bordée par quelques supérettes, boulangeries, restaurants, agences de locations ou tatoueurs (3 salons sur la même rue !). Les meilleures places sont occupées par les restaurants… et le cimetière : au bord de la mer ! De petites piscines naturelles d’eau de mer accueillent les habitants, les touristes et les chiens vagabonds de l’île.

Les paysages de l’île de Pâques sont encore sauvages et préservés. Au sud-ouest, à seulement quelques kilomètres de la ville, se trouve O’rongo. Ce lieu sacré pour les ancêtres présente un volcan et un ancien village, exploité lors de la cérémonie de l’Homme Oiseau. Chaque année, chaque tribu envoyait son plus vaillant homme concourir avec les autres à une seule épreuve : les hommes devaient descendre de la falaise, rejoindre les motus (îlots) en face, attendre et ramasser un oeuf d’oiseaux marin, retraverser le bras de mer et escalader la falaise, le tout sans casser l’oeuf ni mourir. Le premier à revenir entier avec l’oeuf intact devenait l’homme oiseau : un honneur pour sa tribu et une année d’isolement complet pour le vainqueur (pas la meilleure des récompenses !).

Le long de la côte sud, entre Vinapu et Ahu Tongariki, est encore différente. une impression (encore une fois) d’être en Bretagne ou dans ces bouts de monde où le vent, la pluie et le soleil sculptent les falaises et la végétations et créent une lumière et ambiance si particulière.

Au nord-ouest de l’île, se trouvent les (seules) plages de sable blanc. Voici Ovahe et Anakena. De vrais coins de paradis !

Et les moaïs alors ?
Bien sûr que nous avons vu des moaïs ! Venir à l’île de Pâques sans voir de moaïs, c’est comme aller à Disneyland sans voir de Mickey (excusez la référence occidento-consumériste) : on ne peut pas les râter !
Les moaïs sont ces célèbres statues disséminées sur l’île de Pâques. Elles ont réveillé les cerveaux fertiles des auteurs de romans, films et bande-dessinées de science-fiction et occupent toujours l’esprit des scientifiques. Si beaucoup de questions ont trouvé réponses, une seule n’en a toujours pas : comment les statuts ont-elles été déplacées de leur fabrique à Rano Raraku aux différents sites de l’île ? Plusieurs écoles (plus ou moins sérieuses) s’affrontent.

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Le musée de Rapa Nui explique avec beaucoup de pédagogie (anglaise et espagnole) l’histoire de l’île, les conflits qui ont ponctué (ralenti) son développement et le pourquoi des moaïs.

 Les moaïs étaient fabriqués et érigés en l’honneur des découvreurs (sur le site de Ahu Akivi possédant les seuls moaïs tournés vers la mer) et des anciens, reconnaissables aux moaïs tournés vers l’intérieur de l’île en signe de protection. Le tour de l’île montre beaucoup de moaïs à terre, dans des états de conservation trop fragiles pour être redressés.
Les moaïs furent sculptés à Rano Raraku, site que nous avons surnommé « La fabrique à moaïs ». Situé sur les bords du volcan, la fabrique possède encore des moaïs à même la roche, d’autres renversés et d’autres disséminés. Voilà des moaïs qui ne seront jamais arrivés à destination !

De cet endroit partaient tous les moaïs de l’île. Que ce soit en ville, à la plage ou à la montagne, les moaïs nous suivent.
Le site de Ahu Tongariki offre la vue sur 15 moaïs en pleine forme, donnant l’impression d’un salut à la fabrique. Cet endroit prend son air le plus mystérieux au lever du soleil.

Le site de Tahaï ne présente que 5 moaïs mais offre un panorama exceptionnel au coucher du soleil. Un spot incontournable pour les amoureux de beaux spectacles !

De jour

Au coucher du soleil

Un paradis en danger ?
Lors de notre séjour sur l’île de Pâques, nous avons découvert un climat social tendu. Au cours d’une randonnée au 2ème jour, nous avons croisé un barrage sur la route. En discutant avec les manifestants, qui nous ont offerts gracieusement à boire et à manger (départ en rando, sans rien comme des débutants), nous apprenons que cette manifestation pacifiste vise à faire bouger le gouvernement chilien. Les fonds sortent de l’île de Pâques (entrée au parc national, musée, classement UNESCO…) mais peu revient directement à l’île. Ceci implique une conservation des moaïs et des sites protégés moindre que ce que les habitants souhaitent à juste titre (protection des statuts, sécurité de certains sites, présence de guides locaux…). La preuve en est : lors de notre dernier coucher de soleil à Tahai, une personne asiatique n’a rien trouvé de mieux que de monter sur le moaï pour mieux le prendre en photo. Un sacrilège si nous étions monté sur la tombe d’un de ses ancêtres en sa présence ! Fort heureusement, un « surveillant Rapa Nui » l’a sorti du site en l’empêchant d’y revenir ! Les Rapa Nui demandent également  à ce que l’immigration Chilienne puisse être régulée sur l’Ile.
Grâce aux blocages des routes avant 9h (sauf si l’on ait accompagné d’un guide local) et à un accès gratuit aux parcs et musées, le gouvernement semble avoir entendu les messages. A la fin de notre séjour, les routes possédaient encore des barrages pour ne pas plier face au geste continental.

En résumé, L’île est un petit bout de Paradis isolé, où il fait très bon vivre. C’est l’endroit idéal pour « déconnecter » et profiter des plaisir de la vie. Nous avons eu le plaisir d’y retrouvé nos amis « Les Coloriés » voyageurs au long cours, en famille également, que nous avions déjà croisé au Laos. Nous avons partagé avec eux quelques superbes moment lors de ce séjour.

Informations pratiques
Accès au Parc National
Normalement, l’accès au Parc National de Rapa Nui coûte environ 60 US $/personne.

Restaurants
Voici 2 adresses proposant des empanadas, sandwichs et jus de fruits frais pour un budget raisonnable (entre 1 et 3 € l’empanada) :
– la maisonnette bleu turquoise près du terrain de football (à droite du foot quand on a la mer derrière soi),
Club Sandwich, restaurant du milieu de la brochette de 3 sur la rue principale.
Selon votre budget, il y a des restaurants plus chics et mieux placés (en bord de mer avec vue sur le coucher de soleil). Le budget est plus chic…

Location de voiture
Des agences sur la rue principale proposent la location de petits 4×4, vélos, quad ou scooter. Le tour de l’île peut se faire en une journée. Mais une journée de plus permet de prendre son temps, de profiter de lieux préférés ou simplement de retourner se baigner à Anakena.
Prix d’un petit 4×4 pour une journée : environ 40 000 pesos chiliens (soit 60 €).
Certains hébergements proposent des locations de véhicules pour des tarifs similaires, parfois moindres.

Logement
Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets : camping, chez l’habitant, bungalows avec plus ou moins de confort… En cherchant bien, on trouve.

12 réflexions au sujet de « Rapa Nui : un paradis mystique »

  1. L’endroit est magnifique! C’est un rêve que j’ai depuis longtemps d’aller à l’île de Pâques. Vous avez fait combien de temps là-bas? Il faut prévoir combien de temps pour pouvoir en profiter? Vous êtes partis d’Hawaii et avez fait escale à Rapa Nui ou vous êtes arrivés d’un autre endroit… Si je retourne à Big Island, c’est peut-être quelque chose à penser pour le retour du moment qu’on vole de l’autre côté du monde 😀

    1. Nous sommes restés un peu moins d’une semaine sur l’île. C’est suffisant pour découvrir l’île, profiter des sites et bien se reposer. Le voyage pour l’île de Pâques est une aventure en soi : seule la compagnie aérienne LAN dessert l’île, depuis Santiago et Papeete ! Pour nous, ce fut un trajet Honolulu – Los Angeles – Santiago – Ile de Pâques (nous nous sommes arrêtés quelques jours sur LA et Santiago, histoire de s’en remettre). Le voyage serait plutôt à combiner avec un périple en Amérique du Sud ou en dans le Pacifique (au sens très large). A voir si les longs vols et longues distances ne te font pas peur !!!!

      1. Oh après Hawaii on enchaîne avec la Nouvelle-Zélande (30heures depuis la Suisse) alors je crois que ça va 😉 Merci pour tous ces renseignements! Effectivement s’il n’y a qu’une seule compagnie, c’est plus simple de combiner à un séjour en Amérique du sud, je note 🙂

        1. La Nouvelle-Zélande est un de nos coups de coeur ! Un pays top aux paysages bluffants. Vous partez quand et pour combien de temps ? En effet, avec 30 heures de vol, plus aucun long courrier ne fait peur !!! 😉

          1. On part au mois de novembre pour trois semaines et quelques jours (histoire d’avoir vraiment trois semaines sur place) et on ne visitera que l’île du sud pour avoir vraiment le temps de profiter. On se réjouit tellement, j’en ai rêvé et là c’est un peu difficile à croire que je vais y aller… Je vais me plonger dans tes articles pour ajouter encore quelques points à ma liste 🙂

  2. Vous avez fait fort pour les photos…. Ça donne envie. La paragraphe « social » est aussi passionnant.

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