Peinture murale d'Inti

Premier pas en Amérique du Sud : Direction Santiago du Chili

Et voilà… Nous arrivons sur notre dernier continent, et pas des moindres : l’Amérique du Sud. Notre porte d’entrée se fera par Santiago du Chili, capitale de ce pays étrange, tout en longueur (quelle drôle d’idée !).

Santiago, étape avant l’île de Pâques
Santiago est notre porte d’entrée en Amérique du Sud, mais surtout un point de passage obligatoire pour s’envoler vers l’Ile de Pâques… à moins que vous n’arriviez de Papeete (Polynésie française). En effet, seule une compagnie aérienne, LAN, dessert ce bout de Pacifique au départ de Santiago ou de Papeete.
Nous avons donc trois jours pour découvrir cette mégalopole sud-américaine : nouvelle langue (il faut se mettre à l’espagnol), nouvelle culture, nouvelle gastronomie… et nouveau décalage horaire…

Une manière simple d’acquérir les clés de la ville : les Wally’s
Peu de temps et beaucoup de décalage horaire ne sont pas forcément les ingrédients idéaux d’une visite intensive de mégalopole. Nous avons décidé de découvrir la ville de Santiago autrement grâce aux Wally’s et Tour for tips.
Le principe ? Deux fois par jour, pendant plus de trois heures, de petits groupes de touristes partent du Musée des Beaux Arts découvrir un pan de la culture chilienne (histoire, gastronomie, religion…) avec des guides locaux, dont le seul salaire est le pourboire laissé en fin de visite.
Encore des visites guidées me direz-vous ! Mais ce ne sont pas que des visites guidées. La visite se fait par petits groupes de visiteurs (une trentaine maximum) encadrés par un à deux guides (selon la taille du groupe) et en anglais. Les guides sont des professionnels du tourisme et/ou des étudiants, originaires ou amoureux de la ville, ouverts et répondant à tous les sujets et questions que nous nous posons (sur la ville ou le pays d’ailleurs). Anecdotes, fous rires, bonnes adresses sortant des guides touristiques et rencontres font de ces visites une manière d’obtenir des clés pour comprendre la ville et ses habitants. Bien loin des tours organisés donnant toujours les mêmes explications et peinant à répondre aux questions « sortant du circuit ».

La visite du matin : entre gastronomie et culture
La gastronomie chilienne repose sur les produits que l’on peut trouver sur les marchés locaux : fruits et légumes, poissons et fruits de mer, viandes… Direction le marché central, El mercado central (réservé aux produits de la mer), puis le marché La Vega Central, spécialisé dans les fruits, légumes et condiments. Au sein de marchés, vous trouverez un espace de vente (étales) et un espace de consommation (restaurants). Une visite dans ces lieux emplis les narines d’odeurs que seuls les marchés savent créer, les yeux de couleurs et l’estomac de mets frais. D’ailleurs, nos narines se rappellent encore de l’odeur de fraises… Mmmmm !!!!

La visite se poursuit par un lieu bien insolite : le cimetière de la ville. Etalé sur plus de 86 hectares (plus de 110 terrains de foot), ce lieu peut paraître étrange à visiter. Mais il permet de comprendre la relation que les Chiliens entretiennent avec leurs defuns. Dans cet espace vert, fleuri et décoré (peluches, photos, cadeaux…), se côtoient tombes, caveaux, mausolées et autres pierres tombales. Les Chiliens restent proches des leurs, même quand la mort les sépare. Certains espaces sont recouverts de bouteilles, cadeaux ou autres « offrandes » pour honorer un mort « innocent » auxquels on vient demander protection, bénédiction et remercier d’avoir réaliser sa demande. Un chose intéressante à voir est le concours lancé entre les mausolées. Style égyptien ou inca, un pour la famille ou un pour chaque maîtresse, il y en a pour tous les goûts et de toutes les tailles. De la mégalomanie grandeur nature ! Si vous voulez le visiter, prévoyez plusieurs heures : il se parcoure comme un parc, et c’est un vrai lieu de vie…

Une ville remplie d’Histoire
Le Chili et la ville de Santiago ont connu une Histoire riche et des heures sombres. On pense notamment à la dictature de Pinochet pour les évènements les plus récents, et aux invasions espagnols pour les plus férus d’Histoire.
Fondée au XVIe siècle, quelques vestiges survivent encore. Le plus parlant est celui de la Plaza de Armas. Cette place centrale a gardé la même organisation depuis toujours : au Nord, les institutions (aujourd’hui la Poste nationale et la Mairie de Santiago), au Sud les commerces, à l’Est des logements (pour les plus riches à l’époque) et à l’Ouest, la Cathédrale de Santiago. Cette dernière n’a pas changé de place mais a refait peau neuve à plusieurs reprises au cours des derniers siècles, et suite aux nombreux tremblements de terre.

Un peu plus loin dans la ville se situe la Moneda, palais présidentiel détruit lors de la prise de pouvoir de Pinochet en 1973 contre Allende. Ce dernier fut le premier président socialiste élu démocratiquement dans le monde. Il engagea le Chili dans de profondes réformes qui n’étaient pas au goût de tous. Il trouva la mort lors du renversement de l’armée en 1973, à la suite d’un grand discours appelant les Chiliens à s’unir devant l’adversité. L’origine de son décès reste encore aujourd’hui floue : assassinat ou suicide, les avis divergent.

Santiago : une ville de street art et de jardin
Malgré sa taille, Santiago reste  une ville agréable où se promener. Dans le quartier Bellas Artes ou dans celui de Bellavista, l’art de rue est omniprésent. Que ce soit Inti, peintre chilien de renommé mondial au style très reconnaissable, des anonymes sur des façades de maisons ou de boutiques, la peinture de rue s’invite et égaie les rues de la ville.

Si le bruit ou la pollution vous font peur, profitez des deux grands parcs  de la ville : Santa Lucia et San Cristobal. Ces deux immenses espaces verts proposent un panorama sur la ville, très étalée, et les Andes voisines.

Le parc de Santa Lucia

Le parc San Cristobal et sa vue sur les Andes (et la pollution citadine)

Vous pourrez toujours profiter des jardins publiques de la ville, mais sachez qu’ils ont une signification toute particulière. Les jeunes chiliens, vivant encore chez leurs parents (études chères, logements chers et rares…), profitent des jardins publiques pour y retrouver leur moitié. Si dans la journée cela reste « sage », les démonstrations deviennent plus  « explicites » le soir…

En manque de culture ?
Si après tout ça, vous souhaitez un peu de culture, rendez-vous dans les différents musées de la ville. Art précolombien, beaux-arts, art moderne : il y en a pour tous les goûts.

Vous prendrez bien un petit café « con piel » ?
Le café n’est pas la boisson préférée des Chiliens. Pour en faire boire,   le café s’accompagne depuis une longue tradition de… Allez, devinez… Non, pas de crème, de chocolat ou de sucre. Pas de whisky non plus… Aujourd’hui, pour accompagner leur café, les Chiliens y ajoutent… des jambes !!! Non, ils ne sont pas cannibales. Pour attirer les consommateurs de café, ce dernier est proposé par une serveuse aux longues jambes et à la jupe courte. Très masculin me direz-vous ! Trois types de café existent aujourd’hui à Santiago :
– Type I : de l’extérieur, cela ressemble à un café avec une bande « floutée » à hauteur du regard. Les serveuses sont habillées très court pour inviter le client à consommer du café. Les Américains avec Hooters n’on rien inventé…
– Type II : de l’extérieur, rien ne laisse paraître qu’il s’agit d’un café (vitrines teintées, pas d’affichage…). Les serveuses sont en bikini pour vendre le café et rien d’autres !
– Type III : c’est un Type II où les serveuses ne proposent pas que du café !
Les types I et II se trouvent dans les rues et galeries commerçantes de Santiago. Le type III est plus rare : vous ne le trouverez pas par hasard !

Informations pratiques
Visite avec les Wally’s
Rendez-vous à 10h (visite des marchés et du cimetière) et 15h (visite du centre ville historique)  devant le Musée des Beaux Arts. Les guides sont (très) reconnaissables à leur tee-shirt rayé rouge et blanc, façon Où est Charlie ?. En anglais. Visite gratuite. Le prix de la visite est votre pourboire : en moyenne 5 à 10 US$/personne, moins en cas d’insatisfaction et plus si vous êtes aux anges ! La visite se finit par la dégustation d’une boisson locale, entre Terremoto et Pisco Sour !

Musée des Beaux Arts
Entrée gratuite. Expositions temporaires.

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